Hypnose et vies antérieures

Aujourd’hui au cabinet, j’ai guidé une séance d’hypnose « spirituelle » de régression dans les vies antérieures : un voyage intérieur qui ouvre une autre perspective sur ce que nous sommes et offre des clés utiles pour comprendre ce qui se vit au présent.
L’hypnose spirituelle considère chaque être non seulement dans son cycle de vie terrestre, mais aussi dans son cycle d’âme, une dimension plus vaste et plus profonde que notre simple parcours biologique.
Le plus étonnant, outre une certaine magie de l’inconscient qui nous dépasse en nous emmenant au-delà de notre être apparent, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’y croire pour accéder à des images, des symboles, des ressentis, qui parlent souvent de nos blocages actuels.
Comme si l’inconscient trouvait une manière créative de raconter ce qu’on porte…
Une idée ancienne, profondément humaine.
Depuis le basculement rationaliste du 18ème siècle, le mot « âme » s’est peu à peu effacé en Occident au profit du mot « esprit ».
Pourtant, la notion d’âme et la possibilité de sa transmigration de vies en vies traverse notre histoire : des traditions indiennes — où explorer ses vies antérieures, savoir qui l’on a été, fait partie de la connaissance de soi — aux anciens Grecs, en passant par les trois grandes religions monothéistes.
La réincarnation : une hypothèse étudiée.
Si de nombreuses cultures actuelles et traditions anciennes croient en la transmigration de l’âme d’une vie à l’autre, le concept ne peut aujourd’hui être validé par les principes et moyens scientifiques actuels fondés sur les modèles biologiques et physiques, ainsi que des impératifs de reproductibilité.
Pourtant, certains chercheurs ont tenté d’étudier le phénomène avec ouverture, humilité et rigueur.
Le travail d’Ian Stevenson (1918–2007), professeur de psychiatrie à l’Université de Virginie est l’un des plus connus et documenté sur la question des vies antérieures.
Stevenson a mené pendant plus de 40 ans des enquêtes sur des milliers d’enfants affirmant se souvenir d’une vie antérieure. Il a notamment révélé :
- Souvenirs spontanés : certains enfants décrivent spontanément une vie antérieure avec des détails précis difficiles à expliquer par l’environnement.
- Correspondances vérifiables : dans un nombre significatif de cas, les propos correspondent à des personnes réellement décédées (nom, profession, circonstances du décès, membres de la famille, lieux…) sans contact connu entre les familles.
- Marques de naissance : certaines marques ou malformations semblent correspondre à des blessures mortelles de la personne supposée précédente.
- Comportements cohérents : phobies, goûts, intérêts et attitudes évoquant la personne décédée.
- Influence culturelle partielle : les cas sont plus fréquents dans les cultures croyant à la réincarnation, mais pas exclusifs.
- Explications alternatives insuffisantes : fraude, hasard ou mémoire indirecte n’expliquent pas certains cas bien documentés.
Stevenson reconnait que la réincarnation est une hypothèse plausible ou l’explication la plus cohérente, sans toutefois pouvoir en constituer de preuves.
« Que personne ne pense que je connais la réponse, je cherche encore »
Ian Stevenson
L’utilité au-delà de la croyance
Croire en l’âme n’est pas indispensable pour bénéficier d’une séance d’hypnose spirituelle.
Cependant, cette idée qu’une part de nous – peu importe le nom que l’on lui donne – transcende le corps, la matière et le temps, peut être d’un grand réconfort existentiel :
- Notre identité profonde n’est pas réduite à nos difficultés, maladies ou échecs. Cela peut donner du sens aux épreuves qui deviennent des occasions de croissances et de maturation au-delà des limites d’une vie terrestre.
- En concevant que la mort n’est pas une fin, un néant, mais une transition, nous pouvons apaiser nos deuils et la peur de notre propre mort.
- Si l’âme est reliée à quelque chose de plus grand – univers, source, conscience, royaume… -, on peut se sentir relié et accompagné dans la traversée des challenges de la vie.
- En élargissant le concept à une perpective animiste (l’idée que la Nature, les éléments naturels et les objets puissent être animé d’un esprit), nous développons un lien profond avec la Nature, tissé de respect, de sagesse, et d’humilité pour ce qui nous dépasse.
« Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle, nous sommes des êtres spirituels venant faire une expérience humaine »
Pierre Teilhard de Chardin
Depuis plus de deux siècles, la pensée scientifique dominante a écarté le sacré et l’invisible du champ de l’expérience légitime.
Il y a matière à penser que cette coupure nourrit une détresse existentielle bien palpable, voire grandissante, en limitant notre capacité à rêver, à ressentir et à cultiver, au-delà des limites du mental, de la matière et du temps, les zones les plus lumineuses de notre conscience.
L’hypnose spirituelle offre un accès privilégié au langage symbolique et à des zones profondes de l’inconscient. Peu importe que l’on croie ou non à la réincarnation : l’essentiel est la rencontre avec une part de soi qui cherche du sens, de la cohérence et de la libération.
« Tant que vous n’aurez pas rendu l’inconscient conscient, il dirigera votre vie et vous appellerez cela le destin »
Carl Jung
Pourquoi s’intéresser au passé ?
Chaque instant que nous vivons repose sur notre histoire qui influence la manière dont nous filtrons la réalité. Le passé n’est plus, mais il continue à tirer les ficelles du présent.
Lorsque ces fils sont tissés à partir de fausses croyances, de peurs héritées ou de blessures d’enfance jamais éclairées, ils déforment notre manière de voir le monde. C’est pourquoi il est essentiel d’oser révéler, visiter et remodeler ces traces anciennes qui vivent dans notre conscience. Non pour changer le passé – ce qui est impossible -, mais pour libérer le présent de ce qui l’entrave.
En ramenant à la lumière ce qui était enfoui, nous reprenons les rênes de notre liberté intérieure. Nos réactions cessent d’être des automatismes réactifs hérités, elles redeviennent des choix.
Souvent, c’est en transformant la lecture que nous nous faisons de notre histoire et de notre identité que nous opérons une transformation profonde permettant de déployer avec clarté et cohérence le fil de notre vie.
« Le passé insatisfait enserre le présent entre ses griffes »
Sami Prajnanpad
Comment se déroule une séance de régression ?
Petit rappel : il n’est pas nécessaire d’adhérer à une croyance particulière pour bénéficier de ce type de séance, mais simplement d’avoir la volonté de s’ouvrir à une conscience plus vaste de soi-même.
Le but n’est jamais de prouver quoi que ce soit ni de valider une théorie, mais d’éclairer et de mettre en apprentissage du présent.
- La discussion préalable : Nous échangeons pour clarifier votre demande et définir un objectif précis. Cela nous permet de nous diriger vers le bon terrain d’apprentissage, celui où l’expérience pourra avoir le plus de sens et d’impact.
- La séance d’hypnose : après une induction permettant d’entrer dans cet état à la fois réceptif et éclairant, nous remontons symboliquement le temps pour explorer des moments clés. Des réponses émergent alors souvent sous forme d’images, de symboles, de ressentis d’émotions qui parlent à ce qui se vit au présent, comme si l’inconscient trouvait une manière créative de raconter ce que l’on porte. Les émotions sont un excellent indicateur qu’une information essentielle remonte à la conscience, ouvrant la voie à une transformation rééquilibrante.
- L’échange final : nous prenons un moment pour revenir pleinement, les pieds bien sur terre, et favoriser l’intégration de l’expérience : ce que vous en retenez, ce qui se dénoue, ce qui se clarifie.







